Contenu

RiskLab

Risklab : l'art d'équilibrer risque et rendement

Interview de  Dr Reinhold Hafner, CEO Risklab GmbH et Dr Wolfgang Mader, Responsable des stratégies d'allocation d'actifs Risklab GmbH

Quel est l'historique de Risklab ?

Reinhold Hafner : Risklab GmbH a été créée en 1997, sous la forme d’une filiale de HypoVereinsbank (membre du groupe UniCredit), afin de proposer des services de conseil et de la recherche quantitative aux clients institutionnels, notamment les gérants d’actifs et les banques d’affaires. En 2003, risklab a rejoint Allianz Global Investors. Depuis lors, risklab offre aux clients institutionnels à travers le monde des solutions d’investissement et de gestion des risques de haute qualité. À l’heure actuelle, l’équipe risklab est composée de 31 professionnels de l’investissement, dont 11 sont titulaires de doctorats (1). L’approche de risklab associe les dernières méthodes de recherche dédiées aux marchés financiers avec des analyses quantitatives afin d’aider les clients à atteindre leurs objectifs d’investissement et de gestion des risques.
Nous travaillons en étroite collaboration avec des universités de renom (notre principal partenaire est l’Université Technique de Munich), des organisations supranationales (telles que l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques, ou OCDE) ainsi que des acteurs de premier plan du secteur de la gestion d’actifs.  
(1) Source : risklab, au 15 déc 2012

Quelle est votre place au sein d'Allianz Global Investosr ?

Reinhold Hafner : Risklab fait partie intégrante d’Allianz Global Investors (AllianzGI) depuis neuf ans. L’entité s’inscrit dans la nouvelle activité Global Solutions d’AllianzGI, créée début 2011, dont l’objectif est de prodiguer des conseils en investissement et en gestion des risques. Risklab travaille également en étroite collaboration avec l’équipe de gestion diversifiée d’AllianzGI, l’une des plus importantes en Europe.

Quels sont les domaines d'expertise des membres de votre équipe

Wolfgang Mader : Nous cherchons à mettre en pratique les résultats des recherches récentes les plus pointues. Nous associons des classes d’actifs traditionnelles et alternatives, des produits dérivés et des éléments de protection afin de créer des solutions holistiques d’investissement et de gestion des risques qui répondent aux attentes spécifiques de nos clients. Notre équipe hautement motivée et expérimentée est connue pour son expertise de l’allocation d’actifs stratégique, la gestion actif-passif, le beta alternatif et, plus particulièrement, la gestion des risques. Dans le cadre de nos principales solutions d’investissement, nous combinons une allocation d’actifs stratégique bien diversifiée avec une stratégie de gestion active des risques. Cette dernière permet de limiter l’exposition au risque de baisse durant des périodes de correction sur les marchés, tout en préservant le potentiel de hausse durant les phases de rebond. Nous appliquons cette stratégie depuis 2004. Cette approche a été initiée avec succès au profit d’un large éventail de clients institutionnels, sur plus de 30 mds EUR d’actifs conseillés (2). Un de nos slogans marketing précise que « le risque est notre obsession, pour qu’il ne soit plus la vôtre ». Cela résume bien notre valeur ajoutée !
 (2) Source : risklab, au 30 septembre 2012

Quelles sont les principales méthodologies qui vous différencient dans le monde de l'investissement ?

Wolfgang Mader : Nous utilisons des outils propriétaires afin de déployer une allocation d’actifs robuste et dynamique, tournée vers l’avenir, qui intègre notamment les situations de crise, l’impact des erreurs d’estimation et les risques extrêmes. Cependant, notre expertise approfondie de la gestion des risques constitue probablement notre principale caractéristique distinctive. Nous la mettons à profit afin de générer un couple rendement/risque asymétrique attrayant pour le compte de nos clients. Nous appliquons cette approche depuis 2005 et elle a résisté avec succès à la crise financière de 2008. Depuis sa création, risklab s’appuie sur une plateforme analytique interne robuste. Dans ce cadre, nous recourrons à des techniques et outils informatiques de haute performance qui nous permettent de faire face à la complexité inhérente de la structure.

Quel est le profil de votre client type ?

Reinhold Hafner : Nos clients sont généralement des institutionnels et des professionnels de grande ou moyenne taille. Ils regroupent également d’importants family offices. La plupart partagent des objectifs d’investissement similaires, et visent à atteindre une performance définie sur un cycle de marché complet afin d’être en mesure de couvrir leur passif, dans le cadre d’une exposition au risque de perte limitée au maximum sur un an du budget de risque annuel d’un client.

Quel est actuellement lesentiment de vos clients à l’égard du risque selon vous ?

Reinhold Hafner : De toute évidence, nos clients sont particulièrement attentifs aux risques à l’heure actuelle. Il s’agit des risques en termes de volatilité de marché, mais également des risques extrêmes. Ces derniers sont étroitement liés à la notion d’incertitude, et sont donc par définition plus difficiles à appréhender que la volatilité. Notre dernier sondage RiskMonitor, dont une synthèse figure dans l’édition mensuelle du magazine, illustre parfaitement cette tendance.

Observez-vous des variantes géographiques, si oui, quel est l’impact sur vos modèles de gestion des risques/portefeuilles ?

Reinhold Hafner : Les clients perçoivent différemment les risques d’une région géographique à l’autre. Par exemple, dans certains pays, la remontée des taux d’intérêt est considérée comme une source de risque, tandis que dans d’autres, les investisseurs s’inquiètent davantage de la baisse des taux. Sur le plan de la construction de portefeuilles, les facteurs de risque régionaux jouent un rôle essentiel. Par exemple, au sein des fonds qui ciblent les investisseurs britanniques, nous investissons dans des emprunts d’État et des obligations d’entreprise britanniques ainsi que dans des actifs défensifs. Dans le cadre du processus d’optimisation des portefeuilles, les caractéristiques régionales des différents marchés doivent être modélisées afin de faciliter une allocation pertinente.

Eu égard à ces différents éléments, quels sont les investissements considérés par vos clients comme les plus attrayants dans l’environnement actuel marqué par la faiblesse des taux de rendement ?

Wolfgang Mader :
Les investisseurs n’ont pas d’autre choix que d’augmenter leur exposition moyenne aux actifs plus risqués afin d’espérer atteindre leurs objectifs de rendement. Pour de se prémunir contre toute nouvelle hausse de l’inflation, une augmentation de l’allocation sur les actifs réels peut constituer une alternative pertinente. L’importance des sources décorrélées d’alpha a fortement augmenté parallèlement à la baisse des budgets de risque. Une gestion des risques dynamique reste un outil clé : les investisseurs doivent ajuster dynamiquement leurs allocations de portefeuille afin de réduire les pertes en période de remontée de l’aversion au risque sur les marchés, tout en conservant une exposition à la hausse en période de remontée de l’appétence pour le risque. La gestion des risques permet de compenser en partie l’augmentation du risque moyen au sein de l’allocation d’actifs stratégique.
En termes de classes d’actifs, nous privilégions les actifs qui offrent un potentiel de performance réellement positive, notamment les investissements sur les produits de spread (par ex, les obligations d’entreprises, les obligations à haut rendement et les obligations des marchés émergents). En outre, les actions offrent des rendements du dividende attrayants pour des niveaux de valorisation qui restent raisonnables.
Dans l’environnement actuel de taux de rendement et de performances limités, il est également essentiel d’être attentif à l’efficacité de la mise en œuvre des stratégies d’investissement et au niveau de frais imputés, afin de s’assurer de bénéficier d’un rendement net de frais acceptable. Il s’agit d’une des composantes clés de la philosophie d’investissement sur la base de laquelle nous gérons l’ensemble de nos produits.

Depuis que vous travaillez chez risklab, quelle évolution avez-vous observé sur les solutions d’investissement encadrées en termes de risque ?

Reinhold Hafner :
De toute évidence, la crise financière a eu un impact substantiel sur les marchés financiers et la gestion des risques. Nous ne devons plus seulement gérer la volatilité, mais nous devons également intégrer l’incertitude. En outre, l’influence grandissante des autorités politiques sur les comportements de marché est devenue un facteur clé. Cela s’est traduit par une redéfinition des rapports économiques qui prévalaient dans le passé. De manière plus importante, le thème de la « répression financière » a des retombées majeures sur les stratégies d’investissement. Dans l’ensemble, il est de plus en plus difficile de parvenir à générer des performances acceptables avec un niveau de stabilité élevé. Cela renforce d’autant le rôle des professionnels de l’investissement et de la gestion des risques. La gestion des risques constitue donc, selon nous, un facteur clé dans un tel environnement. Elle permet de faire le lien entre les performances de long terme et le respect d’objectifs de risque à court terme.