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Forum de l'investissement partie 2

Conclusions du forum de l'investissement d'AllianzGI - Janvier 2016

Lors de notre dernier Forum semestriel de l’investissement, qui s’est tenu à Hong Kong en janvier 2016, nous avons passé en revue les principales problématiques stratégiques qui affectent actuellement l’économie mondiale. Nos principales conclusions stratégiques restant inchangées à l’issue du Forum, nous avons réitéré les recommandations faites à nos clients.

Revue du Japon et de la politique Abenomics

  • Bilan de la politique Abenomics : l’économie japonaise n’a guère progressé depuis 2012, mais bénéficie de nouveaux moteurs de croissance qui pourraient soutenir la relance. La Banque du Japon cible une hausse de l’inflation, qui semble effectivement augmenter même si la progression effective a été quelque peu masquée par l’effondrement des prix du pétrole. Le PIB japonais est étroitement corrélé à son marché d’actions, ce qui explique la volonté affichée du premier ministre Shinzo Abe d’améliorer la performance des entreprises. Face aux élections prévues pour cet été, il devra montrer davantage de signes concrets du succès de sa politique économique.
  • Opportunités de sélection de titres sur le marché d’actions japonais : la politique gouvernementale soutient la réforme de la gouvernance d’entreprise au Japon, ce qui se traduit par un moindre recours aux participations croisées entre entreprises et une pression accrues sur les équipes dirigeantes pour générer de meilleurs retours sur capitaux investis. Il en résulte une amélioration de l’allocation des capitaux et une attention plus marquée concernant l’évolution des marges. Les entreprises les plus performantes dans ces domaines sont récompensées par une forte appréciation de leurs cours. Au Japon, nous ciblons les entreprises qui affichent des flux de trésorerie (cash-flows) en hausse ainsi que les valeurs qui offrent un rendement du dividende élevé.

“Nous avons une position neutre sur le Japon : l’évolution de l’environnement politique et du cadre réglementaire a eu un impact positif sur le comportement des entreprises à l’égard de leurs actionnaires. Cependant, ces avantages sont effacés par les craintes entourant la dynamique démographique du pays et le niveau élevé de la dette publique.” Neil Dwane, Stratégiste mondial

Revue de la dette et des devises émergentes

  • Où nous sommes-nous trompés ? En 2013, nous avions privilégié la dette et les devises émergentes du fait de spreads de taux attrayants, d’une hausse attendue de la croissance du PIB ainsi que de moindres niveaux de dette souveraine. Depuis lors, les économies émergentes ont marqué le pas, compte tenu de l’effondrement des marchés des matières premières et de volumes de surinvestissement et d’emprunt en USD excessifs. Au sein du monde émergent, une divergence significative a vu le jour entre les pays producteurs de matières premières et les autres. Cette divergence a fortement bénéficié aux pays importateurs de matières premières. Dans l’ensemble, la plupart des devises émergentes restent attrayantes, mais les risques sont élevés.
  • Point sur la dette émergente : selon nous, la dette émergente et les prix du pétrole devraient rester fortement corrélés, au-delà de ce qui avait pu être observé durant la crise du tapering avec les bons du Trésor américains. Au sein du segment de la dette émergente, les spreads subissent actuellement un pic de volatilité, et la classe d’actifs est pénalisée par la divergence grandissante entre la dette souveraine en tant que telle et la dette émise par les entreprises et d’autres entités. Sur un plan plus positif, les transactions sur la dette émergente retiennent moins l’intérêt des investisseurs, et des flux de sortie ainsi qu’une baisse des volumes d’émission sont anticipés en 2016. Si les économies venaient à se stabiliser au second semestre de l’année et sous réserve que la Réserve fédérale (Fed) ne surprenne pas les marchés, la classe d’actifs pourrait générer des rendements attrayants.
  • Les perspectives de la dette asiatique : dans un monde pénalisé par la répression financière, l’Asie offre aux investisseurs certains des niveaux de rendement les plus attrayants, en devise locale. Cependant, il convient de tirer les leçons des événements qui ont marqué les marchés en 2013 et se rappeler qu’il est important de séparer le rendement généré par une obligation de la performance de sa devise. À cet effet, il est essentiel d’analyser l’impact des réformes économiques, les tendances de marché et la crédibilité des banques centrales. Dans un contexte marqué par les craintes grandissantes entourant les niveaux excessifs d’endettement en Asie, il est important de cibler des obligations d’entreprises asiatiques à haut rendement qui soient attrayantes, en particulier compte tenu de la remontée des taux de défaut. Parallèlement, si les niveaux de rendement peuvent sembler intéressants en devise locale, il ne faut pas perdre de vue que les normes en matière de gouvernance d’entreprise et de faillite restent peu adaptées. Les investisseurs doivent opérer une distinction entre la nationalité de l’emprunteur et la devise dans laquelle la dette est libellée, ainsi que la juridiction encadrant les obligations émises.

“Nous avons, certes, opéré un retour un peu anticipé sur les marchés émergents, mais de nombreux segments du marché de la dette asiatique libellée en USD n’en restent pas moins attrayants pour les investisseurs en USD, tandis que de nombreuses devises affichent des niveaux toujours excessifs de volatilité et que d’importantes économies, telles que la Russie et le Brésil, doivent faire face à une « stagflation ».” Neil Dwane, Stratégiste mondial